Rencontre avec le passionnant métier de formulateur (parfum)

Rencontre avec le passionnant métier de formulateur (parfum)
5 1 vote

1) Qu’est-ce que le métier de formulateur/formulatrice ?

En tant que formulateur ou formulatrice on prend connaissance du cahier des charges établi par le service marketing ou le client, qui précise les attentes des consommateurs en terme d’aspect, de parfum, de couleur, de style… Le formulateur étudie la liste des ingrédients à ne pas utiliser dans sa composition. Ce sont des éléments interdits par la réglementation internationale, parce que dangereux pour la santé, par exemple, ou qui ne correspondent pas à la «ligne de la maison», c’est ce qu’on appelle la Black list.

En suite on réalise le produit.

Puis on valide l’aspect, la texture, le parfum, avant de le proposer au marketing ou au client pour qu’ils le valident. Avec quelques milliers de matières premières à disposition, une formule en comprend au moins une vingtaine au moins, cela dépend du produit. La cohabitation est parfois difficile. Il faut bien deux à trois mois pour s’assurer de la stabilité de la formule, ce qui est fait par le service stabilité compatibilité. Nous, on suit nos soumissions un mois en crash test.

2) Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ?

J’aimais beaucoup la chimie et tout ce qui était Travaux Pratiques. Ainsi, je voulais trouver un métier où je puisse manipuler. Au début ce n’était pas forcement la cosmétique, cela aurait pu être dans le domaine pharmaceutique ou en laboratoire d’analyse.

3) Quelle formation doit-on suivre pour faire ce métier ?

Personnellement, j’ai fait une licence de physique/chimie puis une spécialisation licence pro cosmétique. Mais de façon générale pour être formulatrice (ou agent de maitrise) il faut un Bac +2/+3 (deug ou Bts) et puis faire une année de spécialisation en cosmétique. Mais, j’ai des collègues qui ont fait un Bts esthétique/cosmétique ou un Bts en analytique.

4) Comment se résume une semaine type de travail ?

Cela varie beaucoup.

Moi je travaille en sous-traitance donc c’est un peu différent par rapport à ceux qui sont formulatrices pour une enseigne.

Pour une enseigne, tu es spécialisé dans un domaine (capillaire/soin/hygiène) et même parfois spécialisé dans une galénique (shampooing/mousse capillaire…).

En sous-traitance, au bout de 5 ans dans la boite, tu as un peu touché à tout (savon, aérosols, soin, hygiène, produits technique (dissolvant…)).

Ma semaine se résume à développer des produits que le client nous demande. Le nombre de projets que je réalise par semaine dépend de la complexité des projets à développer.

En clair le client nous transmet un brief et on essaye de répondre à ses attentes.

5) Les produits « bien-être » marchent-ils vraiment ?

Je ne crois pas trop à l’efficacité de tous ces produits. En effet, ceci est très marketing. Les actifs introduits sont à des % très bas en général. Mais, il est sûr que ces produits ne font pas de mal et appliquer une crème peut améliorer certaines capacités de la peau (hydratation, élasticité ou combler des rides). Mais par définition, les cosmétiques ne pénètrent pas à l’intérieur de la peau donc leurs actions sont limitées.

Pour les produits à base d’algue ou d’essence naturelle, l’odeur du parfum ou des essences peuvent jouer sur ton moral et te faire sentir bien car cela te fait penser à la mer, aux vacances…

6) Quels sont les risques de ce métier, et quelles sont les normes de sécurité ?

Comme tout métier, il y a des risques, mais si on respecte les règles et le port des EPI (équipement de protection individuelle), ils sont limités. Cependant, les risques sont peut être plus élevés pour les aérosols qui sont une classe à part des produits cosmétiques.

7) Est-il vrai qu’une même formule chimique peut donner des odeurs différentes seulement à cause de sa configuration spatiale ?

Oui en effet. On peut prendre l’exemple de la limonène dont l’une des configurations spatiales a le goût d’orange et l’autre le goût de citron. De même pour l’ibuprofène dont l’une des configurations a un effet antalgique et l’autre n’a aucun effet.

Cependant, certaines différences dans la configuration spatiale peuvent être plus tragique. Dans les années 50, des médicaments à base de thalidomide, au lieu de guérir les nausées des femmes enceintes, ont utilisé l’autre configuration qui était toxique et a provoqué des malformations.

8) A quel point les contraintes écologiques rentrent-elles en compte ?

C’est plus le packaging qui fait attention à ces détails. Mais tout dépend aussi des clients. Par exemple, Yves Rocher, Avril ou Body Shop sont très adepte des problèmes écologiques.

9) Pourquoi les odeurs des contrefaçons de parfum durent-elles moins longtemps que les parfums conformes ?

Je ne fais pas de contrefaçon, donc je n’ai pas analysés leur liste INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques). Après il faut savoir qu’un parfum est composé de plusieurs notes. Notes de tête (les plus volatils), de coeur (moyennement volatil) et de fond (dure au moins 8 heures)

10) Quelle est la proportion homme/femme ?

Il y a beaucoup plus de femmes, environ 80%, au niveau des techniciennes. Mais, pour les cadres, c’est 50-50.

11) Quels sont les débouchés et le salaire moyen ?

Il n’y a pas beaucoup de débouché en France, cependant dans les grandes boîtes du domaine, les formulateurs, et surtout les plus expérimentés, sont bien payés et considérés. Pour un technicien débutant dans une société moins connue, on touche entre 1200 et 1500 € net par mois.

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

pub giiiii
t
te
banniere idbienetre